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Zone de confort

Il fait nuit. Un homme cherche quelque chose sur le sol éclairé par le halo d’un lampadaire.
Un passant le voyant lui demande:
-« Vous avez perdu quelque chose?
-Oui, mes clefs.
-Je vais vous aider. »
Après quelques minutes infructueuses, le passant demande:
-« Vous êtes sûr de les avoir perdues ici?
-Non, je les ai perdues plus loin! »
Le passant le regarde surpris sans comprendre.
-« Oui mais ici, il y a de la lumière! »

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Cette histoire humoristique voire absurde à la Raymond Devos, se veut de sagesse et nous interpelle car il y a au fond de l’homme la tendance à chercher la facilité ce qui est bien différent de la simplicité comme dans l’histoire du cheval et du Dojo.

« Si deux voies s’offrent à toi, choisis la plus difficile ».

Pourquoi l’homme recherche-t-il la facilité, le confort sans effort?

La première réponse est notre paresse naturelle tant sur le plan physique que sur le plan intellectuel et mental. Comprendre au delà du premier degré demande de l’intelligence au sens étymologique du mot, c’est-dire la faculté de comprendre ce qui n’est pas une question de quotient intellectuel.
Nous arrêtons-nous aux apparences ou sommes nous curieux des choses cachées?
Nous intéressons-nous à la partie invisible de l’iceberg ou seulement la partie visible?

Les exemples dans notre société moderne sont nombreux comme les voyages organisés pour des « touristes moutons », le sport devant la télévision (ce n’est pas une critique du sport à la télévision), d’une façon générale le nivellement par le bas car il y a un intérêt à manipuler les masses endormies et envieuses de la réussite.  Les droits dominent les devoirs et le médiocre aime casser le jouet qu’il n’est pas capable d’avoir.

La paresse, le manque d’ambition, l’absence d’objectif à cela s’ajoute ce qui pollue la société moderne, la consommation immédiate et jetable, symptôme de névroses d’angoisse et hystérique (ruées sur les soldes, black friday). On le voit clairement par exemple lors de la sortie du dernier smartphone et autre gadget électronique. Notre société moderne a intérêt à encarter des chiens en laisse qui préfèrent la sécurité plutôt que de gérer des loups en liberté comme l’avait compris Lafontaine. Il est facile de transposer dans notre société moderne la célèbre formule « du pain et des jeux » de la Rome antique.

La zone de confort, c’est aussi le manque de bon sens comme ces interviews de deux agriculteurs au sujet du glyphosate.
Le premier se lamente de la baisse quantitative dans trois ou cinq ans alors qu’il fait des économies de temps, de travail et d’argent, le second atteint sur le plan santé par un herbicide s’est mis à l’agriculture bio-dynamique et gagne mieux sa vie  grâce à la qualité!
C’est l’illustration de la pensée de René Guénon dans « le règne de la quantité et les signes des temps »  écrit en 1945.

La zone de confort, c’est aussi la pensée unique qui parasite notre monde moderne et bloque l’évolution. Celui qui dérange le troupeau est mis au placard, à la retraite ou est traité de « vieux gâteux ».
Deux exemples du passé et du présent:
le Professeur Yves Rocard, père de la bombe H française quand il s’est intéressé au magnétisme et à la sourcellerie;
le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, co-découvreur du virus du sida, quand il confirme les travaux de Jacques Benveniste sur « la mémoire de l’eau » (contre-disant le rejet d’un Français prix Nobel de physique!) et quand il prend position sur l’obligation des onze vaccins.

Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté,

chantait Guy Béart…

L’Aïkido n’échappe pas à cette analyse psycho-sociologique.

Une zone de confort bien évidente concerne l’enseignant qui, pour des raisons pédagogiques va utiliser un Uke de qualité, bon attaquant, sincère, fluide et bon chuteur. C’est normal car on n’est pas dans le combat ou dans le défi mais dans la démonstration. Mais quand l’enseignant ne se remet plus en question, il devient « fonctionnaire » au sens péjoratif du terme (il n’y a pas de sot métier). C’est métro-boulot-dodo pour assurer des émoluments.
Pour le pratiquant en général, la zone de confort se manifeste sous la forme d’une pratique de loisir et de passe-temps sans investissement dans la durée et sans implication dans les progrès et l’évolution.
La zone de confort, c’est aussi les excuses du « bobo » et du classique « je n’ai pas le temps » pour justifier l’absentéisme. On se ment à soi-même, ainsi l’honneur est sauf!
Pratiquer égoïstement sans rien donner au débutant ( la ceinture noire qui évite la ceinture blanche en stage), aux enfants, vouloir montrer que l’on est capable de bloquer un gabarit plus léger ou une femme grâce à sa force physique est indigne et dénote un égoïsme et un manque de Hara (centre de conscience Terre).
Avec l’âge, le travail basé sur la force musculaire surtout quand la constitution s’y prête devrait s’estomper. S’il est logique que le physique soit dominant pour le débutant, il est surprenant de constater que trop de pratiquants expérimentés ne peuvent passer à l’étape supérieure où le Ki est dominant.
C’est la règle des 90-10.
90% des pratiquants resteront au stade physique du mécanicien… parfois excellents.
10% passeront au stade mental et subtil du magicien… parfois excellents.
Mais sur ces 10%, la majorité en restera là se contentant d’un pouvoir et d’une arme supplémentaire au service de l’ego. 90% oublient le but de ce Budo et ce, qu’il y ait 30 ou 50 ans de pratique.

Calligraphies de Yokoyama Keiko d'après les écrits de Maître Ueshiba

Le Dojo, au delà du confort et de l’effort

Pour approfondir l’analyse au-delà de la psychologie et comprendre le comportement de l’homme, nous illustrerons par une histoire de sagesse sur la quête du plaisir et du bonheur.

Un roi n’ayant pas de successeur décida d’offrir son trône à toute personne méritante. Il convoqua son Premier ministre et lui demanda d’annoncer au peuple la nouvelle, d’ouvrir les portes du palais et d’offrir à tous de profiter du luxe et des services (nourriture, divertissements). Tous profitaient des réjouissances et des cadeaux qu’ils voulaient emporter chez eux. Le soir venu, personne ne se présenta devant le roi ayant oublié le but de la visite.

L’être humain est ainsi fait. Il préfère les plaisirs immédiats de l’avoir au bonheur qui est une quête intérieure d’un état. Nous avons la possibilité d’aller directement et simplement au but mais nous préférons les méandres de la complexité du mental qui ne veut pas lâcher-prise.

Pour autant, il serait erroné d’oblitérer les aspects matériels de notre nature et notre dépendance à notre environnement. Nous devons respecter, entretenir,  nourrir et  prendre soin de ce bien précieux qui compose notre triple nature  (cf. Corps, Ame, Esprit).

Tel un véhicule qui sert à nous transporter vers une destination, notre composante cops-âme ou physique-psychisme doit nous amener vers notre destination spirituelle.

Le destin de l’homme ne serait-il pas le trône de ce roi?
Ne serait-il pas le pays natal des émigrés que nous sommes tous?

JMT

L’alchimie de l’Aïkido

par Patrice Le Pihive

Cette petite réflexion »personnelle» suite au propos de Jean-Marie affirmant que « nous n’imaginons pas tout ce que l’AIKIDO nous donne!»

S’il est facile de voir et de ressentir les transformations de nos partenaires, il est beaucoup plus difficile d’estimer ses propres évolutions, la sanction d’un nouveau Dan venant souvent comme un déclencheur de nouvelles potentialités pas encore totalement assumées par le pratiquant et que cette nomination va autoriser à se révéler.

Quelle est donc cette alchimie silencieuse qui œuvre dans le creuset du tatami ?

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Un instant de Paix

2017 aura donc été l’année des anniversaires et donc l’occasion de vivre de belles émotions.
Ainsi notre séminaire de printemps fêtait son 30e anniversaire comme notre Ecole. D’abord institué pendant le week-end de 3 jours de la Pentecôte, il fut déplacé aux 4 jours de l’Ascension devant le succès.
Nous avions le bonheur de disposer d’un lieu privilégié en l’Abbaye Saint-Pierre de Canons à Aurons jusqu’en 2009.

Le séminaire à l’Abbaye fait son cinéma en 2001

Le séminaire à l’Abbaye fait son cinéma en 2001

Depuis 2010, nous disposons d’un Dojo privé avec des installations de qualité qui offre plus de confort de pratique à défaut de retraite.

Depuis 2001, nous avons institué des thèmes d’étude. Cette année, l’étude de l’Atemi en tant que principe, nous a permis de comprendre que l’Atemi n’est pas qu’une frappe de destruction mais peut se comprendre comme un toucher permettant de transmettre « quelque chose » pour modifier l’état physique, mental, voire spirituel de celui qui est considéré comme un égaré de l’Esprit.

Frapper, toucher, transmettre

Frapper, toucher, transmettre (photo JMT)

Ce séminaire restera comme un grand moment de qualité, de concentration et de joie. L’étude d’un thème bien sûr n’empêche pas de reprendre d’autres thèmes comme celui de Ki no nagare, du Kiai et plus particulièrement du chant des phonèmes soutenant les techniques.

Quand le geste élève...

Quand le geste élève…

C’est probablement l’origine de ce moment de grâce qui a permis outre un haut niveau technique collectif mais aussi la réalisation d’un moment de paix par la manifestation de notre nature profonde. Le contrôle du mental par les sons a permis de mettre en lumière la Paix intérieure qui est le Coeur de l’homme. Nous sommes alors bien loin de la pure technique physique et de la simple utilisation du corps lorsque celui-ci devient porteur d’un message.

...le coeur (photos JMT)

…le coeur (photos JMT)

Au  revoir 2017, rendez-vous à l’ABI 2018.

JMT

Finir ce que l’on a commencé

par Romaric Izzo

Envisageriez-vous de prendre des leçons de pilotage? Si votre réponse est oui, j’imagine que vous n’allez pas sécher la partie ou l’on vous apprend à atterrir !

Cela paraît évident, mais pourtant c’est ce que l’on fait quand on ne va pas au bout des choses; nombreux sont les exemples: un livre que l’on ne finit pas, un projet en standby…

On pourra toujours se trouver des raisons, parfois bonnes, vie de famille, travail et parfois les barrières que l’on place nous-même. Aurions-nous peur de progresser dans la vie?

Romaric et Jonathan (photo Den)

Romaric et Jonathan (photo Den)

Vos cours respectifs d’Aïkido ont souvent une continuité dans la semaine. Est-il normal de louper le cours du jeudi ou du vendredi? C’est en général le cours où l’on vous apprend à atterrir!

Il en va de même avec nos stages trimestriels, gratuits pour les membres de l’Ecole Tenchi, dans des Dojos toujours impeccables. Ces stages ont un début, un milieu et une fin !

Serions-nous capables de comprendre un livre en sautant des chapitres, une série en loupant la moitié des épisodes?

Alors, faisons des efforts pour que les effectifs d’un stage ne chutent pas de moitié l’après-midi. Le repas lors d’un stage n’est qu’un léger break pour se recharger et repartir de plus belle!

Silence… 0n mache!

Enseigner, c’est nourrir, un peu comme la maman oiseau donne la becquée à l’oisillon.

De même qu’on ne parle pas la bouche pleine, recevoir un enseignement c’est écouter et taire toute réaction, tout commentaire du genre:  » je me suis trompé, j’ai compris… » afin que la véritable compréhension ne stagne pas au niveau de l’intellect.

Avaler et digérer la nourriture, assimiler et digérer l’enseignement, c’est donc être patient, accepter ce temps de digestion, ses erreurs et ne pas s’agacer de ses échecs.
Si ce défaut est courant chez un jeune pratiquant peu expérimenté, c’est regrettable lorsque des années de pratique n’ont pas permis de percevoir que l’intuition est supérieure à la compréhension, l’être à l’avoir.

Le vrai silence n’est pas seulement verbal mais mental. C’est le prix à payer pour progresser rapidement en plus de la régularité.
Que ceux qui trouvent leur progrès lents n’aillent pas chercher pus loin.

JMT

Itsutsu-no-kata

Voici un document exceptionnel datant de 1951 où l’on voit Kurihara Tamio (1896-1979), 10e Dan de Judo (à titre posthume), démontrant des Katas supérieurs notamment l’Itsutsu-no-kata ou Kata des 5 Principes qui était considéré par Kano Jigoro, créateur du Judo et de ce Kata comme le « coeur » même du Judo.
Kurihara Tamio est Uke dans la démonstration de ce Kata présenté de 0:49 à 1:14.

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Faites l’amour, pas le mur!

Non ce n’est pas une chanson de Johnny mais ce n’est pas sans nous rappeler un sketch désopilant de Xavier et de Patrick.

Marco Pinto et son cousin Manuel

Marco Pinto et son cousin Manuel

Quand une société a des problèmes, elle crée un mur pour se protéger, se refermer et s’isoler.
Ce n’est pas nouveau.

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50e rugissant

Fêter un anniversaire est à la fois une joie, une convention mentale et une pensée.
Pourquoi fêter 50 ans de pratique et pas 49 ou 51?
Parce que cela fait un demi-siècle?
Laissons aux amateurs de numérologie une réflexion secondaire mais néanmoins passionnante.

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Force, Beauté, Sagesse

S’il est un sujet récurrent dans le monde des arts martiaux en général et de l’Aïkido en particulier, c’est bien celui de l’efficacité.
Nous n’échappons pas à la règle et l’avons traité à travers plusieurs articles. Pour faire court et dans un but de synthèse, nous répéterons que l’homme et la vie humaine étant basée sur la relativité et sur l’impermanence, il serait illusoire de croire en une efficacité absolue.
Quand deux artistes martiaux s’affrontent, le vainqueur prouve seulement qu’à un instant t, il est meilleur que l’autre et non pas que son art est supérieur.
L’âge, la santé et donc la fin de vie auront toujours in fine le dernier mot!

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Un Maître d’exception

Voici deux documents vidéo sur Kobayashi Hirokazu:

le premier des années 70 à Paris de mauvaise qualité (c’était l’époque du « super 8mm »), un des tout premiers qui circule sur le net après avoir été retiré et qui a le mérite d’être un souvenir personnel,

le second de meilleure qualité à Mulhouse en 1992 et qui a le mérite de bien montrer l’extraordinaire travail de ce Maître d’exception (attitude, sobriété, Ki).

Puissent ces images être un soleil dans nos coeurs et illuminer ces fêtes de Noël.

JMT

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